Récit de mon accouchement, déclenché, sans péridurale.

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Mon bébé va avoir un mois déjà ! Je suis bien occupée comme vous pouvez l’imaginer, difficile de trouver un peu de temps ! Raconter mon accouchement était important pour moi, alors j’ai réussi à placer des petits créneaux par-ci par-là (en sacrifiant du temps de sieste !). Mais excusez les maladresses et les fautes qui seront plus nombreuses que d’habitude je pense !

Je me trouve extrêmement chanceuse d’avoir eu un accouchement de rêve. Encore maintenant, j’ai du mal à y croire. Vivre un accouchement naturel me tenait beaucoup à coeur, mais comme je devais être déclenché, je ne pensais pas réussir à réaliser cette envie. Durant mon accouchement, je n’ai pas vraiment ressenti de douleurs, je décrirai simplement cela comme une expérience physique intense. J’ai l’impression d’en être ressortie grandie avec un immense sentiment de fierté d’avoir mis au monde mon bébé (qui est le plus beau bébé du monde !).

Avant l’accouchement

Je voulais avoir l’accouchement le plus naturel possible : peu de médicalisation et surtout pas de péridurale. Je n’ai rien contre la médicalisation en soi, c’est une immense chance que nous avons d’y avoir accès, à la fois pour le confort et la sécurité. Je pense toutefois que la médicalisation peut entrainer un engrenage d’interventions. La péridurale empêche les mouvements, cela ralenti le travail, ce qui peut entrainer l’injection d’ocytocine de synthèse pour l’accélérer. L’ocytocine peut provoquer des contractions violentes qui mettent en difficulté le bébé. Les femmes sous péridurale sont ainsi plus susceptibles d’avoir une extraction forcée ou une épisiotomie, bref, tout ce qu’on souhaite éviter. Mais la raison principale est que je voulais vivre mon accouchement à fond. J’étais aussi très curieuse de ce qu’on pouvait ressentir !

Jusqu’au 7ème mois, je ne me suis pas préparé spécialement (je n’avais pas lu de livres, par contre j’avais vu les témoignages d’accouchements naturels sur YouTube) Je n’avais pas trop envie de me mettre des idées (des peurs) dans la tête. Et puis ce bébé, il allait bien devoir sortir ! Ce n’est que les deux derniers mois que j’ai commencé à me dire qu’il fallait que je me prépare un peu ! J’ai revu toutes les vidéos de récits d’accouchements naturels, j’ai acheté des livres : Accoucher sans péridurale, de Aurelie Surmely (je l’ai beaucoup aimé) et Accoucher par soi-même: Le guide de la naissance non assistée de Laura Kaplan Shanley (j’étais très mitigée, mais certaines parties beaucoup aidées).

Lorsque j’ai appris que j’allais être déclenché (car mon bébé risquait d’être trop gros), j’étais à la fois heureuse de rencontrer mon bébé plus tôt et en même temps j’étais déçue que mon accouchement ne puisse pas être 100% naturel. J’étais surtout persuadée qu’il était impossible d’avoir un accouchement déclenché sans péridurale, surtout avec l’injection d’ocytocine qui donne des contractions, parait-il, plus violentes que les contractions « naturelles » et plus difficile à gérer.

Mon déclenchement

J’ai essayé de déclencher mon accouchement naturellement. J’ai beaucoup marché, je suis allé à la piscine deux fois par semaine, j’ai bu des tisanes de feuilles de framboisiers, mangé des dates, parlé à mon bébé…) Rien n’y a fait ! J’ai eu un décollement de membranes le vendredi 7 juin qui m’a donné des contractions, mais elles se sont taris en fin de journée et n’ont pas mené à du vrai travail. Je suis donc entrée à l’hôpital le mardi 11 juin à 8h15 pour mon déclenchement. Après avoir enregistré mon hospitalisation au rez de chausser, je me suis rendue à l’aile des urgences gynécologiques. C’est drôle, j’avais visualisé mon mari appuyer sur ce bouton d’appel alors que serais en plein travail, pas sur rendez-vous et aussi détendue ! Après l’habituel petit pipi dans le gobelet, une sage femme m’a reçu en salle de consultation pour m’ausculter. Elle connait mon nom, mon mari a eu son fils en classe l’année dernière, décidément le monde est petit !

Elle me parle de mon choix d’accoucher sans péridurale (c’est inscrit dans mon dossier). Je souhaitais un accouchement le plus naturel possible, bon, je vais être déclenché, mais je veux faire tout pour limiter la médicalisation ! (Comme toutes les personnes à qui j’en ai parlé, surtout dans le milieu médical, je vois dans son regard qu’elle ne pense pas que je tiendrai sans péri ! Cela ne me fait pas peur, je suis seulement curieuse ! De toute façon, si je ne tiens vraiment pas, je garde la péri en option)

Mon col est dilaté à 2 et long (comme depuis deux mois) et on mesure les contractions et le rythme cardiaque du bébé avec un monitoring, (les deux petites sangles bleues et roses vont devenir mes meilleurs amis ces deux jours). Regarder les courbes sur le petit papier qui sort du monito va beaucoup nous amuser mon mari et moi les 24 prochaines heures (on s’occupe comme on peut !). La sage femme va consulter le gynécologue afin de connaitre la démarche pour le déclenchement. J’ai peur qu’il décide de me poser la perf d’ocytocine. Pour moi perf d’occitocine = péridurale quasi obligée et = risque pour le bébé. Alors oui, à ce stade je me suis faite une raison, et je ne suis pas non plus braquée, le plus important c’est que mon bébé aille bien, mais je serais déçue ! La sage femme revient : elle va me poser un tampon de prostaglandines qui va rester en place 24 heures. Naïvement, je demande si je vais rentrer chez moi mais non, je suis bien hospitalisé !

Une douche et une chemise de nuit d’hôpital enfilée, je suis en salle de naissance pour mon premier monitoring de deux heures, on me met aussi une perf dans la main pour d’éventuelles injections. J’aurai ensuite un monitoring toutes les 6 heures d’une durée d’une demi-heure. Bon, en fait j’en aurai beaucoup plus. Le tampon a tout de suite déclenché des contractions très régulières : toutes les 1 minute 30. J’ai déjà eu pas mal de ce type de contractions, j’ai déjà fait du faux travail. Rester si longtemps dans la même position avec des contractions ce n’est pas très agréable, mais bouger faisait perdre le signal (donc il fallait ensuite poursuivre l’enregistrement plus longtemps) et mon bébé dormait comme un sonneur alors que l’équipe médicale le voulait réveillé. Ils voulaient s’assurer qu’il ne soit pas mis en difficulté par les contractions (ils ont eu peur au deuxième monitoring à cause de son rythme cardiaque c’est pour ça que j’en ai fait beaucoup plus que prévu initialement). Je garderai quand même un bon souvenir de ces contractions régulières comme un métronome qui me serrent le ventre et qui s’affichent en pic sur le petit papier qui sort du monitoring. Je n’étais pas inquiète pour mon bébé parce que je le sentais bouger comme d’habitude et je savais qu’il allait bien.

Dans la nuit, aux alentours de minuit, j’ai perdu le tampon de prostaglandines en allant aux toilettes.

J’avertis les sage femmes et, après consultation du gynécologue de garde, on me repose un tampon qu’on doit m’enlever le lendemain entre 9h30 et 10h. La jeune sage femme de garde me pose le tampon en laissant dépasser un bout de ficelle, il me gêne bien plus que le premier !

Le tampon me gène énormément, je « serre les fesses » pour ne pas le perdre car je sens bien que mon corps cherche à l’expulser (logique avec les contractions qui cherchent à ouvrir le col).

Mon accouchement

Vers 9h15, je n’y tiens plus, je laisse sortir le tampon. A ce moment, je me suis dit que de toute façon, ils devaient me l’enlever dans 15 minutes.

Pour moi, c’est là que l’accouchement a commencé.

J’ai eu un déclic. Jusqu’à présent, je « retenais » énormément les contractions. D’une part parce que je voulais absolument gérer la « douleur ». D’autre part parce que je ne voulais pas que le tampon descende. A partir de là, j’ai énormément relâché. Je me suis laissé aller. Je me suis dit que j’allais utiliser ces contractions pour dilater mon col. Dans ma chambre, je me suis mise dans des positions semi-accroupies, appuyé contre le lit, contre le lavabo, contre le mur et je soufflais en pensant : « je m’ouvre, je pousse mon bébé vers le bas ». C’est une sorte de poussée très douce, j’en avais entendu parler dans un récit d’accouchement naturel. Vers 10 heure, je vais aux toilettes, j’ai l’impression de sentir quelques gouttes sortir de mon vagin, non, ça doit être dans ma tête, c’est trop peu pour que cela soit la perte des eaux !

Vers 10h, on vient me chercher pour que la sage femme m’examine. Je lui explique que j’ai perdu le tampon vers 9h30. Elle semble perturbée car le gynécologue avait décidé de le laisser encore quelques heures. Elle m’examine, mon col est beaucoup plus court et elle sent du liquide : j’ai fissuré la poche des eaux ! Il faut me conduire en salle de naissance. Problème : trop de femmes sont en train d’accoucher en même temps et toutes les salles de naissance sont prises, je dois donc patienter un peu. En attendant, je suis toujours sous monitoring.

Environ une heure plus tard, la sage femme me conduit dans une salle de naissance et me dit qu’on va me mettre la perf (comprendre : la perf d’ocytocine). Elle quitte la salle, lorsqu’elle revient, je lui demande s’il est possible d’attendre quelques heures pour voir si le travail se déclenche naturellement avec la rupture de la poche des eaux.  Elle me dit que oui, mais dans ce cas, il faut rompre totalement la poche. Je suis d’accord, pour moi, c’est mieux que l’ocytocine ! Mais elle doit d’abord demander son accord au gynécologue. Elle s’absente le temps de regarder dans le couloir puis revient : « Je ne l’ai pas trouvé, on va dire qu’il est d’accord ! » et elle sort le crochet pour percer ma poche.

Je me demande si elle n’a pas trouvé le gynécologue ou si elle a fait ça pour moi, de peur qu’il refuse. En tout cas j’étais ravie !

Beaucoup de liquide répandu par terre et dans mes absorbants plus tard, je suis de retour dans ma chambre pour le début du travail. J’ai vraiment envie que le travail se déclenche et je continue à chaque contraction ce que j’ai commencé le matin dans ma chambre. Pendant une contraction, je m’accroupis, je cherche les positions qui me soulagent le plus, je souffle, je pense : « Je pousse mon bébé vers le bas, je m’ouvre… » J’ai l’impression que cela fonctionne bien ! Les contractions deviennent de plus en plus intenses. Mon mari me donne des barres de céréales pour sportif qu’il a été acheté (il a d’ailleurs beaucoup insisté et cela m’a été d’une très grande aide !). J’ai bu, je suis allé sous la douche. La douche m’a tellement relaxé au début que j’ai eu peur que cela ai arrêté le travail. Les contractions ont repris et sont devenues de plus en plus intenses. En plus des « souffler-pousser », je me suis mise à faire des sons de chant prénataux que j’avais entendus dans une émission et que je pratiquais en faisant mon yoga. A chaque contraction je faisais : quatre « hoooommmm », quatre « souffler pousser », quatre « hoooommmm », quatre « souffler pousser ». Cette série durait le temps d’une contraction et cela me permettait de gérer l’intensité et de garder des forces.

Pour moi, ce que j’ai ressenti n’a jamais été une « douleur ». Dans le livre Accoucher sans péridurale, de Aurelie Surmely, elle conseille, pour se conditionner positivement avant l’accouchement, de ne pas parler de douleurs mais de « sensations nouvelles » ou de « sensations très intenses ». J’ai beaucoup aimé cette idée, et c’est bien ce que j’ai ressenti à ce moment-là ! J’ai aussi pensé des choses du genre : c’est mon corps qui accouche, j’accompagne mon corps, mon utérus sait faire…  J’ai essayé de ne pas associer quelque chose de négatif à ces sensations. C’était intense, fatiguant, éprouvant physiquement mais cela ne faisait pas « mal » de mon point de vue. C’est comme un marathon !

Deux longues douches, des massages de mon mari, beaucoup de « hoooommmm » et un monitoring plus tard, je suis appelée en salle de naissance pour me faire examiner. La traversée du couloir m’effraie car j’ai peur de perdre pied et de ne pas oser me lâcher devant les gens (j’ai peur de ne pas assumer les sons « hooommm » que je fais et sans eux, j’ai l’impression que je ne pourrai pas gérer !) En fait tout se passe bien, j’ai deux contractions pendant la traversée, je continue comme avant, je n’ai pas honte de toute façon, je suis un peu dans ma bulle à chaque contraction !

J’arrive en salle de naissance, la sage femme m’examine. J’ai un peu peur que tout ce travail n’ai servi à rien et qu’elle me dise que je suis dilatée à deux. Elle me dit que je suis dilatée à 6 bons centimètres ! Je suis vraiment heureuse, j’ai l’impression que cela a été très vite et que tout est gérable !

Je dois me coucher pour le monitoring, j’ai peur que l’immobilité m’empêche de bien gérer (c’est ce que j’avais entendu dire) mais non, pas de problème. Je suis couché sur le coté, la sage femme doit tenir le capteur pour le rythme du bébé, pour les contractions, elle ne l’a même pas mis, elle voit bien quand elles se produisent !.

Entre les contractions, je suis bien détendue, je peux parler. Une jeune sage femme vient me parler un peu du chant prénatal. On me félicite pas mal sur ma gestion des contractions et cela me boost bien ! (oui, je suis très sensible à la flatterie).

La sage femme me demande si des massages m’intéressent, car elle a une formation en acuponcture. Je suis ravie ! Elle dessine au stylo sur mon sacrum des points à masser pour mon mari. Elle se place de l’autre coté et appuie sur des points au niveau de ma main ou mon pied. Ces massages sont un immense support. Surtout ceux fait par mon mari, je ne voulais surtout pas qu’il arrête ou change de technique, c’était parfait ! (L’acuponcture c’est magique) et j’avais l’impression que mon mari participait vraiment à l’accouchement, qu’il me transmettait de la force.

A un moment, les contractions étaient tellement physiques que je ne pouvais plus faire une série de quatre souffler-pousser, j’en faisais seulement deux et plus de « hooommm », cela me permettait de me reposer un peu (de souffler justement !).

Puis, lors d’une expiration « souffler-pousser », mon souffle s’est bloqué, mon dos s’est contracté me faisant me courber en avant, quand j’ai repris mon souffle j’ai poussé un râle à l’inspiration. La sage femme m’a demandé si cela poussait. Ce n’est pas ce que j’imaginais, je n’ai pas envie de pousser, c’est mon corps qui poussait tout seul, c’était tellement étrange comme sensation et vraiment très physique !

La sage femme m’a examiné le col : totalement effacé, dilaté à 10. J’ai vraiment l’impression que c’est allé très vite.

J’étais toujours couché sur le coté, j’ai continué mes séries de « souffler-pousser, hoommm ». Les contractions étaient maintenant moins intenses, les poussés étaient intenses mais elles étaient uniquement provoquées par les « souffler-pousser » si bien que je pouvais me reposer si je voulais.

La sage femme a commencé à préparer ce qu’il fallait pour l’arrivé du bébé, je ne sais pas pourquoi, à ce moment, je ne croyais pas que c’était imminent, j’avais même l’impression qu’il ne sortirai jamais dans cette position. Pourtant, mon mari et la sage femme voyaient la tête lors des poussés ! Je m’étais mis en tête qu’il était plus efficace de pousser à quatre pattes. Je me suis redressée, appuyée sur le dossier qui était très redressé. A ce moment, j’ai eu l’impression que cela avait énormément ralenti les choses, j’étais même désespéré. « Mais vous êtes sure qu’il est descendu, qu’il est engagé ? » « Oui, oui ! » Je ne pensais pas que cela prenait autant de temps.

La sage femme m’a demandé si j’acceptais qu’elle me guide un peu pour pousser.

Il faut savoir que dans certaines méthodes d’accouchement naturel dont j’avais entendu parlé, on ne pousse pas, on laisse le corps pousser tout seul avec des « souffler-pousser » comme ce que je faisais. D’après ces méthodes, c’est plus long, plus doux et cela permet de limiter les déchirures. Mais à ce moment, je n’étais pas contre un peu d’aide pour que cela aille un peu plus vite !

Sous le conseil de la sage femme, j’ai donc poussé à l’expiration comme appris en cours de préparation à la naissance (pousser sur une expiration forte avec la bouche presque fermée, comme si on soufflait dans un ballon). Je me suis remise allongé sur le coté, avec une jambe surélevée par un cale-pied.

Mon mari a vite fait l’aller-retour à la chambre pour chercher l’appareil photo, la sage femme a fait les derniers préparatifs pour l’arrivée du bébé et enlevé le bas de la table.

Je me suis mise sur le dos, les deux pieds sur les cales pieds. La sage femme m’a dit de maintenant pousser en bloquant et en poussant avec mes pieds sur les cales pieds. Cette poussée était vraiment très efficace. (j’étais contente, moi qui était un peu désespérée car j’avais l’impression que mon bébé ne sortirait jamais). Une deuxième sage femme est arrivée pour la sortie du bébé. J’ai poussé très fort, les sages femmes m’ont arrêté : « Stop, arrêté de pousser ! Souffler comme moi ! » Le bébé allait sortir trop vite (en déchirant tout) ! J’ai poussé encore une fois la sage femme m’a demandé si je voulais l’attraper, je l’ai pris, il est venu très facilement cela m’a beaucoup surprise !

Je n’ai pas eu mal à la sortie, je n’ai vraiment rien senti ! Pas de brulure comme je m’y attendais, même si j’ai un peu déchiré, je ne sais pas si c’est parce que j’étais trop concentré sur le bébé !

C’était mon petit bébé, celui que j’avais porté dans mon ventre pendant neuf mois, à qui j’ai tant parlé, tant chanté de chanson, il était là sa peau contre ma peau. J’ai ressenti un immense, immense amour pour mon bébé, pour mon mari, ma famille et j’ai ressenti une immense fierté comme je n’en avais jamais ressenti. Je me sentais une force et une puissance incroyable.

Une sage femme l’a un peu essuyé, lui a mis un bonnet, il a pleuré quelques instants posé sur moi. J’étais un peu frustrée de ne voir que son petit bonnet !

Notre petit Arthur est né à 17h27.

Le placenta est sorti dans la foulée. (Je n’ai pas eu non plus d’ocytocine pour la délivrance.)

J’ai gardé bébé en peau à peau pendant que la sage femme m’a recousu (avec une anesthésie locale) . Elles nous ont ensuite laissé tous les trois pour faire connaissance.

Quand tous les soins ont été fini, j’ai poussé le petit berceau jusque dans ma chambre au bras de mon mari.

Je suis absolument comblé par mon accouchement qui est le plus beau jour de ma vie où j’ai pu rencontrer mon fils ! Cela a été un moment merveilleux très riche en émotions pour nous trois !

Si vous lisez ceci et allez accoucher, je vous souhaite un très bel accouchement !

 

4 commentaires sur « Récit de mon accouchement, déclenché, sans péridurale. »

  1. Bonjour !

    Je viens de tomber sur ton témoignage et je l’ai trouvé très émouvant, d’autant plus que ça a fait beaucoup écho avec mon propre accouchement, je cherchais sur Internet des témoignages d’accouchement déclenché sans péridurale comme le mien pour comparer, et tu as eu beaucoup de chance, je ne sais pas dans quelle ville tu vis dans quelle maternité tu as accouché, mais saches que tu as eu vraiment beaucoup de chance avec la sage-femme qui t’a accouchée ! (Bon sauf pour la déchirure mais je reste persuadée que ce n’était pas nécessaire de te recoudre tout comme moi, car si la plaie est minime, ça cicatrice très bien tout seul crois moi).
    Pour ma part j’ai accouché le 23 Avril 2020 pendant le premier confinement, avec le masque et tout, avec interdiction de visites, j’étais seule avec mon conjoint tout du long (ce qui n’était pas plus mal pour notre intimité), et la sage-femme est intervenue juste à la fin au moment de l’expulsion.
    Tout comme toi je voulais absolument un accouchement 100% naturel, sans péridurale, sans médication et d’ailleurs ça m’a fait sourire quand j’ai lu que tu avais adoré le livre d’Aurélie Surmely, car il se trouve que c’est ma cousine germaine du côté de mon père ! 🙂 Je ne l’ai jamais vue en vrai, mais j’ai discuté pas mal de fois avec elle, j’aurais tellement aimé me faire accoucher par elle à l’époque où elle exerçait encore les accouchements à domicile ! Mais malheureusement à cette époque j’étais petite ^^
    D’ailleurs dans son livre il y a le témoignage de ma mère sur son accouchement à la maison (ma naissance) si tu es curieuse de le lire, c’est le témoignage de Gisèle 65 ans (bon maintenant elle va en avoir 69!).
    Oui car je suis née à la maison, au son du tambour, dans mon sac amniotique intact (il paraît que c’est extrêmement rare) et aujourd’hui la sage-femme qui m’avait mise au monde est devenue mon médecin homéopathe et elle suit également ma fille !
    Sinon pour en revenir à mon accouchement, mon terme était prévu pour 8 Mai 2020, mais ma fille en avait décidé autrement, soit 2 semaines en avance, au moment où j’allais me coucher, vers 4h du matin, j’ai fissuré la poche des eaux, je n’avais absolument aucune contraction, j’ai juste senti que j’avais des fuites importantes de liquide amniotique et c’est là que j’ai réalisé que c’était le jour J …
    En même temps je n’étais pas très étonnée, car au début du mois j’étais déjà dilatée à 1 avec un col court, la gynécologue m’avait dit que je pouvais accoucher à n’importe quel moment et qu’il fallait que je me repose le plus possible pour essayer de garder ma fille dans mon ventre jusqu’au 17 Avril minimum (finalement elle est née le 23).
    Comme j’étais paniquée et que c’était totalement inattendu et improvisé, ma mère nous a emmené mon conjoint et moi à l’hôpital, on est arrivés vers 6h du matin, je n’avais du coup pas dormi de la nuit (ce qui n’est pas génial en soi quand on s’apprête à vivre le marathon de notre vie!), et en plus le temps que j’attende d’entrer dans la maternité, de donner mon dossier, d’attendre qu’on m’emmène dans la salle d’examens, il était 8h. À ce moment-là j’étais en train de perdre le bouchon muqueux, j’avais des pertes brunes/rouges foncées et j’avais bel et bien fissuré la poche des eaux. J’étais dilatée à 1-2 et là on m’a posé le cathéter (chose que je redoutais absolument car j’ai horreur des piqûres et en plus j’ai des veines aussi fines que celles d’un bébé, du coup j’avais très peur de la douleur que ça allait engendrer, mais j’ai regardé mon conjoint droit dans les yeux et je lui ai serré fort le poignet pendant qu’on me le posait et j’ai tenu bon), ensuite on m’a emmenée dans la salle de dilatation, si j’avais su je ne me serais pas précipitée pour aller tout de suite à la maternité et je me serais couchée, car au final j’ai attendu pendant des heures pour rien …
    À ce moment-là j’espérais encore pouvoir aller dans la salle nature et bénéficier de la baignoire de dilatation, mais là ma joie est vite partie quand les sages-femmes sont venues me voir après avoir consulté mon dossier, ainsi que mon dernier examen vaginal qui indiquait la présence du Streptocoque B dans mon organisme …
    Du coup on m’a donné des antibiotiques par intraveineuse toujours à 8h du matin, en me disant qu’il faudrait renouveler l’opération dans 8h si je n’avais pas accouché avant, par sécurité et par précaution pour le bébé, mais du coup je n’avais plus le droit d’accéder à la salle nature, j’étais obligée d’accoucher dans une salle classique.
    Déjà grosse déception dès le matin, en plus comme c’est tombé pendant le premier confinement, interdiction de circuler dans les couloirs de l’hôpital, et encore moins dehors. (Donc pour faciliter les travail c’est tout sauf top!)
    Mon conjoint et moi on s’est retrouvés dans la salle de dilatation, malgré tout ça se passait bien et normalement, je sentais la dilatation faire son travail doucement, c’était même moins douloureux que pour des règles, je perdais doucement le bouchon muqueux avec des pertes brunes et rouges foncées, je ressentais cette euphorie, les endorphines naturelles commençaient à faire effet sur moi, tellement que je n’arrêtais pas de rire alors que mon conjoint était hyper stressé, et je ressentais une vague d’amour et d’euphorie dans mon ventre.
    J’étais heureuse, je sentais que ma fille faisait bien son travail, que sa tête faisait mâturer le col, j’essayais de dormir un peu pour prendre des forces, tout était parfait, jusqu’à ce que vers 12h des sages-femmes rentrent pour vérifier l’état de mon col, qui était resté dilaté à 3-4 depuis 9h du matin, et comme ils ne voulaient pas prendre le moindre risque par rapport au Streptocoque B, ils m’ont dit qu’ils allaient me transférer dans la salle de travail et déclencher avec de l’ocytocine de synthèse.
    D’un coup mon moral a chuté et tout ce que j’avais imaginé tombait à l’eau …
    Mon projet de naissance naturel s’envolait et j’étais totalement dépitée, ce qui a engendré une angoisse, une anxiété et du coup la perte de mes endorphines naturelles qui étaient là pour soulager ma douleur pendant le travail …
    Vers 13-14h j’arrive dans la salle de travail, on me met l’ocytocine de synthèse, on me pose également le monitoring, je vais devoir le garder tout du long, donc impossible pour moi de me lever et de marcher, tout est branché sur une prise, je dois rester assise sur ce lit inconfortable et attendre que les contractions arrivent.
    Mais évidemment comme je ne pouvais pas bouger le travail n’avançait pas et la sage-femme est revenue plusieurs fois me rajouter une bonne dose de cheval d’ocytocine, jusqu’à que les contractions débarquent d’un coup sans prévenir.
    Au début j’arrivais à gérer la douleur en silence, je respirais profondément, je faisais des sons avec mes cordes vocales, je restais zen, j’essayais de faire la sieste pour prendre un maximum de forces, en plus j’avais pas le droit de manger, ni de boire, sauf quelques gorgées par ci par là.
    Heureusement que j’ai triché et que j’ai demandé à mon conjoint d’aller me chercher quelques cotations, comme du jus de fruits en petite brique, de la compote, quelques snacks de type kinder bueno, mais ça ne suffisait pas bien entendu, il m’aurait fallu bien plus pour me booster et me maintenir en forme …
    Malgré tout je restais zen, j’étais seule avec lui, j’avais mis une belle musique douce avec de la flûte indienne pour me mettre dans l’ambiance, pour accueillir ma fille comme je le voulais …
    J’ai réussi à endurer les contractions imposées par l’ocytocine de synthèse qui devenaient de plus en plus violentes jusqu’à ce que je sois dilatée à 8h vers 18h.
    Là je ne pouvais clairement plus gérer et je me suis mise à hurler de douleur ! Impossible de rester silencieuse, c’était beaucoup trop fort, violent, je n’avais aucun calmant, ni anti-douleur, en plus comme tout ça était improvisé je n’avais pas prévu ni d’homéopathie, et j’avais complètement oublié que j’avais de l’huile essentielle de lavande ainsi que de l’huile d’avocat que je voulais mettre sur mon périnée pour l’assouplir et l’hydrater …
    J’étais trop occupée à essayer de gérer cette douleur intense et trop rapide à mon goût et là tout a été très vite, mon conjoint commençait déjà à voir les cheveux de notre fille, et moi j’avais des envies de pousser incontrôlables, tellement que mon intestin s’est vidé en même temps (et mon conjoint a eu le courage de tout essayer, je lui tire mon chapeau!), j’étais dans un état totalement second, il n’y avait absolument personne, mon conjoint appuyait sur le bouton pour appeler une sage-femme et personne ne venait, jusqu’à ce qu’il y en ait une qui arrive et là j’étais totalement dilatée à 10, je pensais que je n’y arriverais jamais, pour moi c’était impossible, j’avais si mal et je pensais que j’aurais jamais la force de la faire sortir, j’ai essayé comme toi de me mettre à 4 pattes mais ça ralentissait encore plus l’expulsion et ça m’épuisait tellement qu’à la fin j’étais devenue bleue et je n’avais plus de souffle, la sage-femme m’a conseillé de me mettre semi-assise car sinon je risquais de m’évanouir.
    C’est donc ce que je fais et là effectivement ça a été tout de suite beaucoup plus simple et rapide.
    Elle me demandait de faire 3 poussées puis ensuite de respirer, j’avais du mal car j’étais totalement épuisée par la douleur, mais comme la sage-femme me traitait de chochotte je me suis dit qu’il fallait que je donne tout car sinon je voyais le moment où elle allait s’impatienter et me faire une épisiotomie, alors j’ai tout donné en seulement 3 poussées, et là la tête est sortie entièrement, d’ailleurs il paraît qu’elle avait les yeux ouverts et qu’elle a regardé à droite et à gauche, c’est ce que mon conjoint m’a dit, et là ensuite la sage-femme l’a prise et la fait sortir intégralement, j’ai ressenti là comme une délivrance et c’est comme si le temps s’arrêtait, la douleur avait disparue, alors oui sur le moment quand la tête est passée j’ai senti comme une brûlure au niveau de la vulve mais qui a été de très courte durée et bien moins gênante en comparaison aux douleurs des contractions que j’avais eu juste avant.
    Je me suis retrouvée avec mon adorable fille posée sur ma poitrine, toute belle, toute propre, sans la moindre goutte de sang, elle sentait bon, une douce odeur de pomme, et je n’ai pas eu le temps de profiter beaucoup de sa présence car la sage-femme a immédiatement appuyé sur mon ventre très fortement (ce qui m’a fait très mal) pour faire sortir le placenta alors que normalement il sort tout seul après une demi-heure …
    Mais bon heureusement pour moi j’ai même pas fait attention quand il est sorti, et il était intact et en entier ! Grand soulagement. Je n’ai même pas eu le loisir de le regarder tellement j’étais dans les vapes …
    Après ça la sage-femme voulait aussitôt me recoudre car j’avais quelques éraillures mais j’ai refusé, et j’ai bien fait. Une deuxième sage-femme est arrivée en disant que ce n’était pas nécessaire de recoudre, que ça ne saignait pas et que ça allait cicatriser tout seul. On m’avait juste prévenue que ça risquait de brûler en urinant, mais je ne voulais pas me faire recoudre, j’avais déjà assez souffert comme ça.
    Et j’ai eu raison car au bout d’une semaine tout avait cicatrise et pour soulager les premiers jours la sensation de brûlure en urinant, je faisais pipi sous la douche. Et au bout d’une semaine j’ai même repris les relations sexuelles sans la moindre douleur ni gêne !
    Suite à la naissance de ma fille, on est restés tous les 3 pendant 3 jours et demi à la maternité, et ma mère est venue nous chercher à la sortie et a découvert pour la première fois sa petite-fille.
    Malgré toute la douleur que j’ai pu ressentir des contractions à cause de l’ocytocine de synthèse, je me suis sentie fière, forte, comme une guerrière, j’avais mise au monde mon petit miracle sans complications ni problèmes particuliers.
    Elle n’a juste eu qu’une légère jaunisse vu qu’elle était née 2 semaines à l’avance.
    Je n’ai malheureusement pas réussi à l’allaiter car elle n’y arrivait pas, et puis j’étais trop inexpérimentée, mais aujourd’hui elle a 9 mois et se porte en pleine forme ! Elle a toujours été très précoce et a fait ses nuits pleines au bout d’un mois seulement.
    En revanche vu que j’ai repris les relations sexuelles au bout d’une semaine, je suis retombée enceinte tout de suite après mon retour de couches au bout d’un mois et demi, et j’ai voulu la garder (oui parce que c’est encore une fille), alors actuellement je suis enceinte de 7 mois et demi, et j’aimerais vraiment que mon deuxième accouchement soit 100% naturel contrairement au précédent.
    De plus j’ai été très chanceuse d’avoir un accouchement sans complications, ni problèmes car j’ai une anémie en fer sévère, quand je suis tombée enceinte la première fois j’étais à un taux de 6 et j’avais réussi à remonter à 13 pour l’accouchement grâce à un supplément de Tardyferon.
    Mais vu que je suis retombée enceinte tout de suite après, mon taux est repassé à 7, puis ensuite 9, puis est encore retombé à 8, là j’attends de faire un nouveau bilan sanguin pour savoir où j’en suis.
    Du coup je suis à l’affût de témoignages, car je me prépare à mon second accouchement très bientôt et j’aimerais ne pas refaire les mêmes erreurs que la dernière fois …
    Par contre je compte me faire poser un stérilet après mon accouchement car mon conjoint et moi on a un taux de fécondité tellement élevé (j’avais déjà eu une première grossesse qui s’était arrêtée toute seule au bout de 7 semaines car j’étais tombée très malade, et ensuite je suis retombée enceinte 2 mois après de ma fille),
    qu’il est hors de question que je tombe à nouveau enceinte, mon corps ne le supporterait absolument pas.
    Je n’ai même pas eu le temps de faire ma rééducation périnéale après le premier accouchement, mais là je ne vais pas y couper cette fois !
    Et pour cette grossesse là, j’ai voulu faire plus d’efforts, car pour la précédente j’avais eu absolument aucune préparation, et tout avait été très improvisé.
    Tout comme toi pour cette grossesse là je suis allée 17 fois à la piscine (contrairement à ma précédente grossesse où je n’y étais allée qu’une seule fois à cause du premier confinement) depuis fin Octobre (je ne peux plus y aller car à cause des restrictions gouvernementales la piscine a fermé, et je suis extrêmement malheureuse car je comptais y aller jusqu’au terme, c’était ma seule préparation à l’accouchement idéale, car je mettais la frite sous mes cuisses et je me laissais flotter en nageant doucement et en faisant des exercices de respiration, inspirer par le nez et expirer par la bouche, ça me détendait totalement et c’était très bénéfique pour mon accouchement à venir …
    Je croise les doigts pour qu’il y ait un miracle et que la piscine rouvre avant le jour J, on ne sait jamais, même s’il y a très peu de chances malheureusement pour que ce soit le cas …
    J’aurais adoré accoucher dans l’eau car il paraît que ça soulage la douleur de moitié, que ça facilite le travail et que c’est beaucoup plus doux pour le bébé comme transition de passer du ventre au monde extérieur …
    Malheureusement la maternité la plus proche de chez moi qui a cette option se trouve à Marseille et c’est trop loin de chez moi (j’habite à Grasse dans le 06). Et je ne peux pas non plus le faire à la maison car il n’y a clairement pas la place pour une piscine gonflable, et je n’ai pas les moyens non plus pour faire venir une sage-femme à domicile, une prochaine fois peut-être dans plusieurs années pour une prochaine grossesse, quand je serais mieux organisée et que mes filles auront suffisamment grandi …
    Ce qui est drôle c’est qu’en même pas un an j’aurais accouché 2 fois, à l’âge de 22 ans !
    Je ne sais pas si tu auras le temps de lire tout mon témoignage, mais en tout cas saches que le tien m’a énormément plu ! J’espère que ton petit garçon se porte bien aujourd’hui !

    Si jamais tu as l’occasion de me répondre, je serais ravie d’échanger avec toi sur ce sujet 🙂

    Des bisous de Maman solidaire !

    Jéromine

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    1. Cool super merci !! 😊 Par contre je viens de me rendre compte que j’avais fait plein de fautes d’inattention en me relisant c’est une vraie catastrophe 😂 du coup je t’ai laissé un nouveau commentaire corrigé cette fois ! Si tu veux bien supprimer le précédent du coup (celui d’hier) et ne laisser que celui d’aujourd’hui ce serait sympa ^^’

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  2. Bonjour !

    Je viens de tomber sur ton témoignage et je l’ai trouvé très émouvant, d’autant plus que ça a fait beaucoup écho avec mon propre accouchement, je cherchais sur Internet des témoignages d’accouchement déclenché sans péridurale comme le mien pour comparer, et tu as eu beaucoup de chance, je ne sais pas dans quelle ville tu vis dans quelle maternité tu as accouché, mais saches que tu as eu vraiment beaucoup de chance avec la sage-femme qui t’a accouchée ! (Bon sauf pour la déchirure mais je reste persuadée que ce n’était pas nécessaire de te recoudre tout comme moi, car si la plaie est minime, ça cicatrice très bien tout seul crois moi).
    Pour ma part j’ai accouché le 23 Avril 2020 pendant le premier confinement, avec le masque et tout, avec interdiction de visites, j’étais seule avec mon conjoint tout du long (ce qui n’était pas plus mal pour notre intimité), et la sage-femme est intervenue juste à la fin au moment de l’expulsion.
    Tout comme toi je voulais absolument un accouchement 100% naturel, sans péridurale, sans médication et d’ailleurs ça m’a fait sourire quand j’ai lu que tu avais adoré le livre d’Aurélie Surmely, car il se trouve que c’est ma cousine germaine du côté de mon père ! 🙂 Je ne l’ai jamais vue en vrai, mais j’ai discuté pas mal de fois avec elle, j’aurais tellement aimé me faire accoucher par elle à l’époque où elle exerçait encore les accouchements à domicile ! Mais malheureusement à cette époque j’étais petite ^^
    D’ailleurs dans son livre il y a le témoignage de ma mère sur son accouchement à la maison (ma naissance) si tu es curieuse de le lire, c’est le témoignage de Gisèle 65 ans (bon maintenant elle va en avoir 69!).
    Oui car je suis née à la maison, au son du tambour, dans mon sac amniotique intact (il paraît que c’est extrêmement rare) et aujourd’hui la sage-femme qui m’avait mise au monde est devenue mon médecin homéopathe et elle suit également ma fille !
    Sinon pour en revenir à mon accouchement, mon terme était prévu pour 8 Mai 2020, mais ma fille en avait décidé autrement, soit 2 semaines en avance, au moment où j’allais me coucher, vers 4h du matin, j’ai fissuré la poche des eaux, je n’avais absolument aucune contraction, j’ai juste senti que j’avais des fuites importantes de liquide amniotique et c’est là que j’ai réalisé que c’était le jour J …
    En même temps je n’étais pas très étonnée, car au début du mois j’étais déjà dilatée à 1 avec un col court, la gynécologue m’avait dit que je pouvais accoucher à n’importe quel moment et qu’il fallait que je me repose le plus possible pour essayer de garder ma fille dans mon ventre jusqu’au 17 Avril minimum (finalement elle est née le 23).
    Comme j’étais paniquée et que c’était totalement inattendu et improvisé, ma mère nous a emmené mon conjoint et moi à l’hôpital, on est arrivés vers 6h du matin, je n’avais du coup pas dormi de la nuit (ce qui n’est pas génial en soi quand on s’apprête à vivre le marathon de notre vie!), et en plus le temps que j’attende d’entrer dans la maternité, de donner mon dossier, d’attendre qu’on m’emmène dans la salle d’examens, il était 8h. À ce moment-là j’étais en train de perdre le bouchon muqueux, j’avais des pertes brunes/rouges foncées et j’avais bel et bien fissuré la poche des eaux. J’étais dilatée à 1-2 et là on m’a posé le cathéter (chose que je redoutais absolument car j’ai horreur des piqûres et en plus j’ai des veines aussi fines que celles d’un bébé, du coup j’avais très peur de la douleur que ça allait engendrer, mais j’ai regardé mon conjoint droit dans les yeux et je lui ai serré fort le poignet pendant qu’on me le posait et j’ai tenu bon), ensuite on m’a emmenée dans la salle de dilatation, si j’avais su je ne me serais pas précipitée pour aller tout de suite à la maternité et je me serais couchée, car au final j’ai attendu pendant des heures pour rien …
    À ce moment-là j’espérais encore pouvoir aller dans la salle nature et bénéficier de la baignoire de dilatation, mais là ma joie est vite partie quand les sages-femmes sont venues me voir après avoir consulté mon dossier, ainsi que mon dernier examen vaginal qui indiquait la présence du Streptocoque B dans mon organisme …
    Du coup on m’a donné des antibiotiques par intraveineuse toujours à 8h du matin, en me disant qu’il faudrait renouveler l’opération dans 8h si je n’avais pas accouché avant, par sécurité et par précaution pour le bébé, mais du coup je n’avais plus le droit d’accéder à la salle nature, j’étais obligée d’accoucher dans une salle classique.
    Déjà grosse déception dès le matin, en plus comme c’est tombé pendant le premier confinement, interdiction de circuler dans les couloirs de l’hôpital, et encore moins dehors. (Donc pour faciliter les travail c’est tout sauf top!)
    Mon conjoint et moi on s’est retrouvés dans la salle de dilatation, malgré tout ça se passait bien et normalement, je sentais la dilatation faire son travail doucement, c’était même moins douloureux que pour des règles, je perdais doucement le bouchon muqueux avec des pertes brunes et rouges foncées, je ressentais cette euphorie, les endorphines naturelles commençaient à faire effet sur moi, tellement que je n’arrêtais pas de rire alors que mon conjoint était hyper stressé, et je ressentais une vague d’amour et d’euphorie dans mon ventre.
    J’étais heureuse, je sentais que ma fille faisait bien son travail, que sa tête faisait mâturer le col, j’essayais de dormir un peu pour prendre des forces, tout était parfait, jusqu’à ce que vers 12h des sages-femmes rentrent pour vérifier l’état de mon col, qui était resté dilaté à 3-4 depuis 9h du matin, et comme ils ne voulaient pas prendre le moindre risque par rapport au Streptocoque B, ils m’ont dit qu’ils allaient me transférer dans la salle de travail et déclencher avec de l’ocytocine de synthèse.
    D’un coup mon moral a chuté et tout ce que j’avais imaginé tombait à l’eau …
    Mon projet de naissance naturel s’envolait et j’étais totalement dépitée, ce qui a engendré une angoisse, une anxiété et du coup la perte de mes endorphines naturelles qui étaient là pour soulager ma douleur pendant le travail …
    Vers 13-14h j’arrive dans la salle de travail, on me met l’ocytocine de synthèse, on me pose également le monitoring, je vais devoir le garder tout du long, donc impossible pour moi de me lever et de marcher, tout est branché sur une prise, je dois rester assise sur ce lit inconfortable et attendre que les contractions arrivent.
    Mais évidemment comme je ne pouvais pas bouger le travail n’avançait pas et la sage-femme est revenue plusieurs fois me rajouter une bonne dose de cheval d’ocytocine, jusqu’à que les contractions débarquent d’un coup sans prévenir.
    Au début j’arrivais à gérer la douleur en silence, je respirais profondément, je faisais des sons avec mes cordes vocales, je restais zen, j’essayais de faire la sieste pour prendre un maximum de forces, en plus j’avais pas le droit de manger, ni de boire, sauf quelques gorgées par ci par là.
    Heureusement que j’ai triché et que j’ai demandé à mon conjoint d’aller me chercher quelques cotations, comme du jus de fruits en petite brique, de la compote, quelques snacks de type kinder bueno, mais ça ne suffisait pas bien entendu, il m’aurait fallu bien plus pour me booster et me maintenir en forme …
    Malgré tout je restais zen, j’étais seule avec lui, j’avais mis une belle musique douce avec de la flûte indienne pour me mettre dans l’ambiance, pour accueillir ma fille comme je le voulais …
    J’ai réussi à endurer les contractions imposées par l’ocytocine de synthèse qui devenaient de plus en plus violentes jusqu’à ce que je sois dilatée à 8h vers 18h.
    Là je ne pouvais clairement plus gérer et je me suis mise à hurler de douleur ! Impossible de rester silencieuse, c’était beaucoup trop fort, violent, je n’avais aucun calmant, ni anti-douleur, en plus comme tout ça était improvisé je n’avais pas prévu ni d’homéopathie, et j’avais complètement oublié que j’avais de l’huile essentielle de lavande ainsi que de l’huile d’avocat que je voulais mettre sur mon périnée pour l’assouplir et l’hydrater …
    J’étais trop occupée à essayer de gérer cette douleur intense et trop rapide à mon goût et là tout a été très vite, mon conjoint commençait déjà à voir les cheveux de notre fille, et moi j’avais des envies de pousser incontrôlables, tellement que mon intestin s’est vidé en même temps (et mon conjoint a eu le courage de tout essayer, je lui tire mon chapeau!), j’étais dans un état totalement second, il n’y avait absolument personne, mon conjoint appuyait sur le bouton pour appeler une sage-femme et personne ne venait, jusqu’à ce qu’il y en ait une qui arrive et là j’étais totalement dilatée à 10, je pensais que je n’y arriverais jamais, pour moi c’était impossible, j’avais si mal et je pensais que j’aurais jamais la force de la faire sortir, j’ai essayé comme toi de me mettre à 4 pattes mais ça ralentissait encore plus l’expulsion et ça m’épuisait tellement qu’à la fin j’étais devenue bleue et je n’avais plus de souffle, la sage-femme m’a conseillé de me mettre semi-assise car sinon je risquais de m’évanouir.
    C’est donc ce que je fais et là effectivement ça a été tout de suite beaucoup plus simple et rapide.
    Elle me demandait de faire 3 poussées puis ensuite de respirer, j’avais du mal car j’étais totalement épuisée par la douleur, mais comme la sage-femme me traitait de chochotte je me suis dit qu’il fallait que je donne tout car sinon je voyais le moment où elle allait s’impatienter et me faire une épisiotomie, alors j’ai tout donné en seulement 3 poussées, et là la tête est sortie entièrement, d’ailleurs il paraît qu’elle avait les yeux ouverts et qu’elle  a regardé à droite et à gauche, c’est ce que mon conjoint m’a dit, et là ensuite la sage-femme l’a prise et la fait sortir intégralement, j’ai ressenti là comme une délivrance et c’est comme si le temps s’arrêtait, la douleur avait disparue, alors oui sur le moment quand la tête est passée j’ai senti comme une brûlure au niveau de la vulve mais qui a été de très courte durée et bien moins gênante en comparaison aux douleurs des contractions que j’avais eu juste avant.
    Je me suis retrouvée avec mon adorable fille posée sur ma poitrine, toute belle, toute propre, sans la moindre goutte de sang, elle sentait bon, une douce odeur de pomme, et je n’ai pas eu le temps de profiter beaucoup de sa présence car la sage-femme a immédiatement appuyé sur mon ventre très fortement (ce qui m’a fait très mal) pour faire sortir le placenta alors que normalement il sort tout seul après une demi-heure …
    Mais bon heureusement pour moi j’ai même pas fait attention quand il est sorti, et il était intact et en entier ! Grand soulagement. Je n’ai même pas eu le loisir de le regarder tellement j’étais dans les vapes …
    Après ça la sage-femme voulait aussitôt me recoudre car j’avais quelques éraillures mais j’ai refusé, et j’ai bien fait. Une deuxième sage-femme est arrivée en disant que ce n’était pas nécessaire de recoudre, que ça ne saignait pas et que ça allait cicatriser tout seul. On m’avait juste prévenue que ça risquait de brûler en urinant, mais je ne voulais pas me faire recoudre, j’avais déjà assez souffert comme ça.
    Et j’ai eu raison car au bout d’une semaine tout avait cicatrise et pour soulager les premiers jours la sensation de brûlure en urinant, je faisais pipi sous la douche. Et au bout d’une semaine j’ai même repris les relations sexuelles sans la moindre douleur ni gêne !
    Suite à la naissance de ma fille, on est restés tous les 3 pendant 3 jours et demi à la maternité, et ma mère est venue nous chercher à la sortie et a découvert pour la première fois sa petite-fille.
    Malgré toute la douleur que j’ai pu ressentir des contractions à cause de l’ocytocine de synthèse, je me suis sentie fière, forte, comme une guerrière, j’avais mise au monde mon petit miracle sans complications ni problèmes particuliers.
    Elle n’a juste eu qu’une légère jaunisse vu qu’elle était née 2 semaines à l’avance.
    Je n’ai malheureusement pas réussi à l’allaiter car elle n’y arrivait pas, et puis j’étais trop inexpérimentée, mais aujourd’hui elle a 9 mois et se porte en pleine forme ! Elle a toujours été très précoce et a fait ses nuits pleines au bout d’un mois seulement.
    En revanche vu que j’ai repris les relations sexuelles au bout d’une semaine, je suis retombée enceinte tout de suite après mon retour de couches au bout d’un mois et demi, et j’ai voulu la garder (oui parce que c’est encore une fille), alors actuellement je suis enceinte de 7 mois et demi, et j’aimerais vraiment que mon deuxième accouchement soit 100% naturel contrairement au précédent.
    De plus j’ai été très chanceuse d’avoir un accouchement sans complications, ni problèmes car j’ai une anémie en fer sévère, quand je suis tombée enceinte la première fois j’étais à un taux de 6 et j’avais réussi à remonter à 13 pour l’accouchement grâce à un supplément de Tardyferon.
    Mais vu que je suis retombée enceinte tout de suite après, mon taux est repassé à 7, puis ensuite 9, puis est encore retombé à 8, là j’attends de faire un nouveau bilan sanguin pour savoir où j’en suis.
    Du coup je suis à l’affût de témoignages, car je me prépare à mon second accouchement très bientôt et j’aimerais ne pas refaire les mêmes erreurs que la dernière fois …
    Par contre je compte me faire poser un stérilet après mon accouchement car mon conjoint et moi on a un taux de fécondité tellement élevé (j’avais déjà eu une première grossesse qui s’était arrêtée toute seule au bout de 7 semaines car j’étais tombée très malade, et ensuite je suis retombée enceinte 2 mois après de ma fille),
    qu’il est hors de question que je tombe à nouveau enceinte, mon corps ne le supporterait absolument pas.
    Je n’ai même pas eu le temps de faire ma rééducation périnéale après le premier accouchement, mais là je ne vais pas y couper cette fois !
    Et pour cette grossesse là, j’ai voulu faire plus d’efforts, car pour la précédente j’avais eu absolument aucune préparation, et tout avait été très improvisé.
    Tout comme toi pour cette grossesse là je suis allée 17 fois à la piscine (contrairement à ma précédente grossesse où je n’y étais allée qu’une seule fois à cause du premier confinement) depuis fin Octobre (je ne peux plus y aller car à cause des restrictions gouvernementales la piscine a fermé, et je suis extrêmement malheureuse car je comptais y aller jusqu’au terme, c’était ma seule préparation à l’accouchement idéale, car je mettais la frite sous mes cuisses et je me laissais flotter en nageant doucement et en faisant des exercices de respiration, inspirer par le nez et expirer par la bouche, ça me détendait totalement et c’était très bénéfique pour mon accouchement à venir …
    Je croise les doigts pour qu’il y ait un miracle et que la piscine rouvre avant le jour J, on ne sait jamais, même s’il y a très peu de chances malheureusement pour que ce soit le cas …
    J’aurais adoré accoucher dans l’eau car il paraît que ça soulage la douleur de moitié, que ça facilite le travail et que c’est beaucoup plus doux pour le bébé comme transition de passer du ventre au monde extérieur …
    Malheureusement la maternité la plus proche de chez moi qui a cette option se trouve à Marseille et c’est trop loin de chez moi (j’habite à Grasse dans le 06). Et je ne peux pas non plus le faire à la maison car il n’y a clairement pas la place pour une piscine gonflable, et je n’ai pas les moyens non plus pour faire venir une sage-femme à domicile, une prochaine fois peut-être dans plusieurs années pour une prochaine grossesse, quand je serais mieux organisée et que mes filles auront suffisamment grandi …
    Ce qui est drôle c’est qu’en même pas un an j’aurais accouché 2 fois, à l’âge de 22 ans !
    Je ne sais pas si tu auras le temps de lire tout mon témoignage, mais en tout cas saches que le tien m’a énormément plu ! J’espère que ton petit garçon se porte bien aujourd’hui !

    Si jamais tu as l’occasion de me répondre, je serais ravie d’échanger avec toi sur ce sujet 🙂

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